Les jours noirs de la démocratie en Roumanie

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Maria Udrescu Publié le

Au lendemain de la révolution de 1989 qui a mis fin au régime de terreur de Ceausescu, la population roumaine goûtait au doux parfum de l’espoir et de la démocratie. Des dizaines de journaux fleurissent du jour au lendemain, alors que 73 partis participent aux premières élections du 20 mai 1990. Ce jour-là néanmoins, ce même parfum s’est estompé, laissant place au goût amer du déjà-vu. Le Front de salut national (FSN), composé principalement d’anciens membres du régime communiste et de vieux staliniens repentis, remporte une victoire écrasante. Ion Iliescu, qui avait pourtant dirigé les Jeunesses communistes sous Ceausescu, est élu avec 87 % des suffrages.

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Professeurs, intellectuels, étudiants, artistes choisissent alors la rue, plus particulièrement la place de l’Université, pour fustiger ces anciens apparatchiks au pouvoir. Des centaines de personnalités s’expriment depuis le balcon de l’Université, appelée „tribune de la démocratie” . Ils exigent une télévision nationale et des médias libérés de l’emprise du FSN. Surtout, ils ont soif de vérité, exigeant de connaître enfin le nom de ceux qui ont ôté la vie à plus d’un millier de révolutionnaires en 1989. „Mais derrière ces revendications, il y avait surtout une peur de l’avenir. Nous avions échappé à Ceausescu, mais nous étions désormais dominés par un parti hostile à tout pluralisme politique” , se souvient Andrei Cornea, historien roumain qui a pris part au mouvement de la place de l’Université.

Un pouvoir néocommuniste

Parmi cette masse hétéroclite de militants, quelques figures emblématiques ont surgi comme leaders de la manifestation, tels que Marian Munteanu, alors âgé d’une vingtaine d’années. „Quelques heures après le début de la révolution, je me suis rendu compte qu’en réalité, c’était un coup d’Etat” , explique-t-il. Il se rappelle encore observer avec terreur l’installation d’un pouvoir „néocommuniste” en Roumanie. „Les anciens de cadres de l’oligarchie communiste ont profité de la confusion qui s’est emparée de la population. Ils ont pris le contrôle des médias et des institutions communistes et les ont utilisés pour manipuler les masses.”

http://www.lalibre.be/actu/international/les-jours-noirs-de-la-democratie-en-roumanie-5629274835700fb92fec7c24

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